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8 - LA MARE DE LA POINTE DE KERBIHAN ET SA FAUNE

LES 20 ans de l'ASPK

© Bertrand Ravary

Seul plan d'eau sur la Pointe, la mare est située au sud, en retrait du cordon dunaire. Un fossé sert d'exuroire pour les trop-pleins, mais permettrait aussi des remontées d'eau salée. Elle juxtapose beaucoup d'habitats. 

En prenant de la hauteur, nous pouvons observer l'ensemble des végétaux qui se développent naturellement aux abords de cette mare. Principalement des saules qui sont adaptés à des sols engorgés et submergés par les pluies de l'hiver.
La jussie à grandes fleurs (Ludwigia uruguayensis) est malheureusement présente et s'est largement développée ces dernières années. C'est une espèce très invasive, et l'ASPK est en recherche avec la Mairie pour son éradication.


 

© François Hémery

Le Sympetrum rouge sang (Sympetrum sanguineum) est une espèce protégée*. Que nous pouvons observer de juin jusqu'aux premiers froids de novembre à la mare de la Pointe de Kerbihan. Après la métamorphose, les adultes s'éloignent pour une période de maturation d'une dizaine de jours. On les observe alors dans les chemins herbeux, les clairières, les prairies... Rapidement, ils rejoignent les milieux humides pour y mener leur existence de prédateur, se tenant posés sur une tige avant de fondre sur leur proie. 

 

 

© Bertrand Ravary

La Grenouille agile (Rana dalmatina) est parfois appelée "grenouille pisseuse", car elle peut vider son cloaque lorsqu'on la manipule. C'est une espèce protégée*.  Extrêmement agile, elle est capable avec ses longues pattes de faire des bonds de 2 m de long. Les lieux d'hibernation (d'octobre à mars) sont différents selon les sexes : les mâles (6 cm) préfèreront souvent la vase des bords des mares et les femelles (8 cm) choisiront pour entrer en léthargie une anfractuosité ou s'enfouiront sous un tas de feuilles mortes. On peut entendre le chant discret des mâles au moment de la reproduction.



* Une espèce protégée, est une espèce sauvage qui fait l'objet de mesures de conservation. Elles sont listées par arrêté ministériel.  

 

 

 

RÉVÉLER LA POINTE DE KERBIHAN

L'Association pour la Sauvegarde de la Pointe de Kerbihan (ASPK) vient d’avoir 20 ans. Pour fêter cet événement, nous avons organisé, avec le soutien de  la Commune de la Trinité-sur-Mer, une exposition de photos, afin de "révéler" la beauté de cette magnifique Pointe, son patrimoine, son passé et sa biodiversité.
Dix panneaux de photos numérotés sont exposés dans la ville et sur la Pointe. (cf le plan) 
Vous trouverez, dans ce dépliant, sur le site de l'ASPK ainsi que via le QR code affiché dans le bandeau inférieur de chaque panneau, les commentaires associés à chaque photo. 

TOUTES LES PHOTOS ONT ÉTÉ PRISES SUR LA POINTE DE KERBIHAN.

Les clichés de la faune et de la flore ont été, en grande partie prises par des adhérent.es. Ils représentent, pour le photographe animalier, l'aboutissement des longs moments d'attente, de patience, pour saisir des instantanés de la vie animale (ou sauvage).
Nous vous souhaitons de belles découvertes tout au long de cette exposition.

Un peu d’histoire
Nous disposons de peu d'information sur l'histoire ancienne, si ce n'est la présence de 2 zones identifiées au titre de l'archéologie préventive pour la présence de sites à fours à sel datant respectivement de l'âge de fer Gallo-Romain et du second âge du Fer. 

Au début du siècle, la Pointe de Kerbihan était composée de petites parcelles cultivées à la main ou avec l'aide d'un cheval. On y pratiquait des cultures vivrières de pommes de terre, blé, maïs, tournesol ... Il y avait aussi du pâturage pour les vaches des fermes de Kerbihan, de Kervourden et de Kervillen.

Pendant la seconde guère mondiale, les allemands prolongèrent la rue du Ty- Guard jusqu'à l'extrémité de la Pointe. La voie principale s'arrêtait à l'époque à la hauteur du chemin menant vers la plage côté Ouest, puis il y avait 2 chemins partant vers le Sud-Sud-Est, l'un vers la mare et l'autre vers la côte plus au Sud.
A partir de la fin des années 50, la Trinité-sur-Mer devint une destination de vacances. Les parcelles agricoles disparurent au profit de résidences secondaires et de campings. Heureusement cette pression ne s’est exercée que sur la partie Nord de la Pointe.
Dans le courant des années 1960-70, des Pins de Monterey et des Cyprès de Lambert ont été plantés à l'issue de la réalisation du parking. La plantation de ces essences non indigènes ont contribué à la destruction des milieux dunaires. 
Un peu plus tard, ont émergé des projets de golf et de thalassothérapie qui n'ont heureusement pas abouti. 
Plus récemment plusieurs projets de lotissements ont été proposés. certains se sont réalisés mais l'extension des constructions vers le sud de la Pointe a été stoppée par l'action d'associations environnementales (La Vigie, l'ASPK) avec le soutien de l’État et de la Mairie.
Dans le Plan Local d'Urbanisme (PLU voté en 2013) , les 18 ha de la Pointe ont été classés Espace Naturel remarquable au sens de la loi littoral et inscrit en zone naturelle Nds, (non constructible).

A partir de 1970 est apparu le Séneçon en arbre (Baccharis halimifolia) aujourd'hui classé plante invasive, arbuste très résistant aux embruns salés. Il a envahi les parcelles abandonnées, alors qu'auparavant les cultures et les prairies fauchées régulièrement lui faisaient obstacle.
Un arrêté municipal du 17 septembre 2014 interdit la culture du Baccharis, de l'herbe de la Pampa (Cortaderia selloana) et de la renoué du Japon (Reynoutria sp.).
En 2017, sous l'impulsion de l'ASPK, avec le soutien financier du Conseil Départemental et de la Commune, il est établi un Plan de Gestion. Ce document de plus de 100 pages (accessible sur le site de l'Association) comporte une présentation générale de la Pointe, un diagnostic du patrimoine environnemental (climat, géologie, hydrographie, habitats naturels, flore, faune) , les objectifs de gestion et les modalités d''action, afin de sauvegarder, voire d'améliorer, la biodiversité. C'est un document guide pour les élu.es de la Commune de la Trinité et l'ASPK. 
Cela a permis, entre autre, pour lutter contre le Baccharis, la mise en place de 2 éco-pâturages (en 2019) où il a été effectivement éradiqué.

La biodiversité sur la Pointe de Kerbihan
 
La présence d'habitats naturels (landes, dunes littorales, prairies, zones humides, murets de pierres sèches, fourrés de pruneliers, haies sauvages et friches) forment une mosaïque de milieux précieux pour la biodiversité. Ces espaces abritent une faune et une flore  remarquables. La Pointe de Kerbihan fait partie de la  "Zone d'Importance pour la Conservation des Oiseaux" (ZICO) de la baie de Quiberon. Les zones ZICO, créées en 1979, sont des sites d’intérêt majeur pour la préservation des oiseaux sauvages. 
La Pointe  regroupe 5 espèces de flores patrimoniales protégées : le Panicaut Maritime, le Lis maritime, la linaire des sables, l'Asphodèle d'Arrondeau et l'Arboussier, ainsi que 12 espèces d'oiseaux patrimoniaux sur les 74 observés.
La patrimonialité de la flore est déterminée par leur niveau de rareté et leur statut de conservation.
La patrimonialité des oiseaux se définit en fonction de leur statut biologique sur le site (nicheur, migrateur ou hivernant), leur niveau de rareté et leur statut de conservation.